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 à quoi bon se reconstruire, quand on est adepte du pire ? (chanéo)

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MessageSujet: à quoi bon se reconstruire, quand on est adepte du pire ? (chanéo)   à quoi bon se reconstruire, quand on est adepte du pire ? (chanéo) EmptyMer 3 Fév - 14:40


❝ maybe we were never meant to glow. ❞


C'était y'a pas si longtemps. T'es arrivé au foyer, quelques billets dans ton blouson, c'était presque devenu une habitude. Ceux à qui t'avais osé te confier, à paris, ils se moquaient de toi. T'allais voir les putes, et tu couchais même pas avec. Pauvre Léo. T'étais peut être même tombé amoureux. Mais c'était pas ça. T'étais pas amoureux. Tu l'as jamais été. Mais t'aimais bien cette fille. T'avais envie de la sauver, même si c'était impossible. D'essayer de recoller ses ailes pour qu'elle vole plus haut. T'as toqué à la porte du foyer, deux mecs que t'avais jamais vu t'ont saisi en dessous des bras, t'ont jeté dans une pièce. Le gars qui était devant toi, tu l'avais déjà vu. C'était le big boss. Celui qui dirigeait cet endroit. Celui qui avait enfermé Chani.

« Où elle est ? »
« … Pardon ? »


Le premier coup est parti, droit dans ta mâchoire. T'as senti un os craquer, peut être deux. T'as pas fait attention. T'es pas fait pour encaisser les coups, alors tu t'es effondré sur le sol.

« Chani, je sais que t'es au courant. Elle s'est barrée, où elle est? »

Le mec, il avait des marques partout. Couteau, sûrement.

« J'espère que c'est elle qui vous a fait ça. J'me demande juste pourquoi elle vous a raté. »

Le coup est parti, plus fort, mais heureusement t'as esquivé pour qu'il touche pas ton nez. T'as pris les coups sans rien dire, de toute façon tu savais rien, t'avais beau le répéter, il t'a pas cru. Quand t'as senti le métal froid du flingue contre ta tempe, t'as juré que tu savais pas où elle était, Chani, sur la vie de ta mère. On t'a dit plus tard qu'elle avait essayé de s'enfuir, que le patron lui avait foutu une balle dans l'épaule, mais qu'elle avait quand même couru. Que personne savait où elle était.


Chani, où t'es ? Tu te demandes tous les jours où elle est passée, la poupée brisée, la poupée volée, envolée. T'espère qu'elle a réussi à s'enfuir. Qu'elle a titubé à cause de son épaule et qu'elle a pris le premier avion, pour aller loin. Chani, elle est pas faite pour vivre ici. Elle est pas faite pour les règles, elle devrait pas être enfermée. T'as songé plusieurs fois à l'emmener avec toi. A la prendre par la main et à courir sans se retourner. Tu lui donnais plus que le tarif habituel, t'espérais que son boss ne pique pas tout, qu'elle ait réussi à planquer quelques billets sous son oreiller pour se barrer loin d'ici. Chani elle était faite pour la grande vie. T'aurais aimé lui offrir ça. Une vie de château pour la voir sourire. Au moins pour la libérer de ses chaînes. T'espères au moins que quelqu'un d'autre a su lui offrir ça. Qu'elle est heureuse, où qu'elle soit. Qu'elle est partie loin, où les méchants pourront plus la retrouver. Que plus personne ne lève la main sur son corps de princesse. Et qu'elle sourit sans se forcer.

Toi, t'es retourné à Lyon, les mains dans les poches et quelques cicatrices sur sa peau. Ta maâchoire craque un peu quand tu la bouges vers la gauche. Les mecs ont plus essayé de t'emmerder, de toute façon ils savaient pas où t'habitais, et ils ont bien compris que tu savais rien. Tu lui en veux pas, à Chani. Évidement, qu'elle pouvait rien te dire. Tu savais même pas si elle te considérait comme un ami. T'étais juste le mec un peu bizarre qui voulait pas se pencher entre ses cuisses. Peut être qu'elle profitait de toi. Ça serait pas la première. Mais nan, tu penses pas. Tu te dis qu'elle s'était un peu attachée à toi, d'une certaine manière. T'aurais sûrement fait pareil à sa place. Tu te serais barré à la première occasion. C'était pas une vie pour elle. Pour personne.

Il fait froid à côté de la Cathédrale saint-jean. Les pavés glissent à cause de la neige. Il neige jamais vraiment à Lyon. C'est plutôt de la grosse pluie. Tu comptes les pavés, comme d'habitude, pour pas tomber, pour pas te stresser aussi. Mais quand tu relèves la tête, tu te frottes les yeux pour être sûr de bien voir. C'est elle. Putain, c'est elle. Tu la reconnaîtrais dans une foule. Du premier soir où t'as plongé dans ses yeux jusqu'à ce qu'ils se rallument un peu. La dernière fois que tu l'as vue, elle t'a chuchoté qu'elle allait se barrer. Tu cours vers elle, cette fois tu te fous de glisser. D'ailleurs, tu dérapes et tombe presque dans ses bras. Idiot. C'est elle. C'est ses yeux qui coupent comme des poignards, ses cheveux de sirène, son petit corps de poupée. C'est elle. Elle.

« Chani ? Chani, c'est toi ? »
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MessageSujet: Re: à quoi bon se reconstruire, quand on est adepte du pire ? (chanéo)   à quoi bon se reconstruire, quand on est adepte du pire ? (chanéo) EmptyDim 7 Fév - 13:14

Tu t'revois encore sur ton lit, dont les draps étaient déchirés et l'oreiller troué. Allongée d'ton long et passant tes mains sales sur ton corps sale, retraçant de tes doigts chaque blessure que t'as pu encaisser. T'as une cicatrice d'au moins cinq centimètres sous la poitrine, quelques brûlures par-ci par-là, des griffures qu'tu sens dans ton dos, sur tes cuisses et une multitude de bleus couleur veine qui apparaissent un peu partout sur ta peau. T'es marquée, sur l'corps, sur l'coeur, à vie. Ça va t'suivre jusqu'à ta mort et t'emmènera ces sales souvenirs jusque dans l'obscurité d'ta tombe.
Tu regrettes intensément ta vie d'mineure, celle où tes parents t'laissaient dormir chez eux et où la bande t'aidait à rester en vie. Maintenant que tu n'as plus personne, tu t'demandes pourquoi t'en finis pas et pourquoi tu t'infliges autant d'souffrance depuis quatre putain d'années. T'y réfléchis, tu retournes la question à tous les degrés de rotation possibles dans ta tête et puis tu finis par trouver une lueur d'espoir, bien cachée sous des tonnes de sentiments mêlés, amers contre la vie. Plus t'y penses et plus tu t'dis qu'il y a bien quelqu'un dans ta vie pour maintenir ce blanc dessein qui s'imprègne en toi. Puis cette personne, c'est Léo. Léo, l'gamin aux cheveux ébouriffés, au regard insouciant et au sourire émerveillant. L'faux client, celui qui t'as payée rien qu'pour discuter. Celui grâce à qui t'as pu t'échapper d'l'enfer. Parfois, t'aimes bien te remémorer vos nuits à vous confier, vos rires francs et tous ces moments où il t'faisait oublier où t'étais, où il t'faisait redevenir la Chani d'avant – celle qui n'avait jamais été ni violée, ni volée, ni frappée, ni marchandée. T'as pensé à lui, c'matin. Et t'y repenseras tous les jours qui vont suivre, il n'sait pas à quel point il t'as aidé.
Maintenant qu't'es à Lyon, tu t'sens mieux. Un peu. Tu t'réveilles le matin dans l'même lit qu'celui d'une belle blonde qui t'fait pas mal d'effet, tu manges c'que t'as volé sur l'marché la veille, tu vas taffer en t'languissant d'recevoir ta toute première paye, puis tu rentres à pied dans ton nouveau foyer. Sans appréhension, sans maux d'ventre, t'es heureuse de rentrer chez toi, à la maison. Tu réussis enfin à retrouver un peu d'stabilité, et tu réapprends à vivre. T'en doutes pas, ça va être long et dur mais tu sais qu'si t'as le courage et si tu crèves pas avant, t'y arriveras.
Tu fais pas vraiment gaffe où tu mets les pieds, l'sol est glissant mais t'es plus du genre à tomber. Y'a la pluie qui revient en cette fin d'journée, mais tu t'en fiches, bientôt, tu s'ras à la maison. Puis tu sens quelqu'un courir pas loin, quelqu'un qui s'approche de plus en plus de toi. Au moment où tu t'retournes, c'quelqu'un s'jette dans tes bras. Tu l'reconnais. De suite. C'est Léo. Par réflex, tu l'écartes de toi, comme si plus personne n'avait à présent l'droit d'te toucher. Tu veux pas l'repousser, surtout pas lui, mais t'es devenue (trop) craintive. « Putain, léo. » Tu l'regardes pendant un moment, tu plonges tes yeux dans ses iris vertes/azurées et tu t'concentres rien qu'sur lui. C'est fou. « Qu'est-ce-que tu.... fais là ? » qu'tu demandes, même si t'as du mal à trouver correctement tes mots. Tu r'ssens un truc, tellement ça t'fait bizarre d'le revoir, ici, à lyon, en pleine rue, libre.
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MessageSujet: Re: à quoi bon se reconstruire, quand on est adepte du pire ? (chanéo)   à quoi bon se reconstruire, quand on est adepte du pire ? (chanéo) EmptyDim 7 Fév - 19:49

Quand elle te repousse, tu fais pas la grimace, t'en perds même pas ton sourire. Tu lui en veux pas, tu réfléchis même pas. T'es trop choqué, trop bouleversé aussi. Tu pensais pas la revoir un jour, c'est sûr. Pour toi, elle était partie, loin d'ici, elle était redevenue le mirage qu'elle a toujours été.
Puis, t'as jamais aimé ça, le contact physique. Et elle le sait. Les embrassades, c'est pas ton truc. Ca empêche pas ton cœur d'exploser littéralement à la gueule de tous les passants qui vous regardent de travers. Elle est là. Et elle a l'air d'aller bien. Du moins, autant qu'elle le peut. Elle a réussi à s'enfuir et ça, c'est une victoire. T'aurais limite envie d'aller voir ces types qui lui ont fait du mal pour les achever pour de bon, si t'étais du genre idiot qui agit sans réflechir.

« Je... Mais... C'est à toi que j'suis censé demander ça, non ? »

T'as pas envie de parler de toi, pas tout de suite. Pas envie d'étaler ton échec et ta galère de trouver un boulot à Lyon. Ta vie banale de petit bourge, on s'en cogne. Chani, elle est plus importante que tes problèmes.
T'éclates de rire, la laissant un peu sur le cul. C'est vrai que la dernière fois que vous vous êtes vus, c'était à la capitale. Mais elle te doit des explications, non ? Ou pas. En fait, t'as même pas envie de savoir, si elle veut pas te le dire. Tu veux juste savoir si elle va bien.

« Les mecs méchants chez qui tu vivais, ils sont venus me voir, ils m'ont dit que tu t'étais barrée. Tu vas bien ? T'as quelque part où dormir ? Je... J'en reviens pas. »

Tu parles trop vite, tu parles des mains, tu parles trop fort, tu t'en fous. T'es content de l'avoir retrouvée. Et si elle est juste de passage, tant pis. Tu sauras au moins qu'elle a pas fini en russie ou en thaïlande, dans des bordels encore plus louches. C'est tout c'que tu demandes.

« Tu vas rester ici ? »

Tu commences à marcher à côté d'elle. Y'a trop de peuple près de la cathédrale, on pourrait vous entendre. C'est qu'elle a un passé pas très glorieux, et les sales types, ils peuvent avoir des taupes partout. T'es peut être parano, mais t'as failli crever dans cette histoire et elle aussi, chaque jour. On est jamais trop prudent.

« J'suis content que tu sois en vie, ça fait très dramatique dit comme ça, mais c'est la vérité merde. »
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