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 Il y a des cordes qu'il est préférable de ne pas faire vibrer • Henri

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MessageSujet: Il y a des cordes qu'il est préférable de ne pas faire vibrer • Henri   Mar 16 Fév - 22:24





Les pieds de la table grincent désespérément contre le sol, supportent l’effort, soutiennent les corps qui claquent, se tendent, s’agrippent. Ta peau contre la sienne, tes mains qui le retiennent, tes doigts qui s’enfoncent dans sa chair, tes muscles qui se bandent et ta bouche qui le dévore. Il n’y a pas de douceur entre vous, comme souvent. Pas de caresses, pas vraiment. Pas de mots d’amour, sans objet. Juste vos corps qui se parlent parce que vous, vous ne savez pas causer sans finir par vous engueuler. Tu l’écoutes gémir entre deux baisers et ton souffle erratique s’écrase contre ses lèvres entrouvertes, ton membre se fracasse contre sa prostate. Tu le fais jouir, presque brutalement, avant de te laisser aller à te fondre en lui, un grondement rauque se mourant dans ta gorge.
Tu le relâches ; tes mains parcourent sa peau dans un mouvement presque doux, apaisé. Reprenant ton souffle, tu retires la capote, te retournes pour aller la foutre dans la poubelle de la cuisine et tu en profites pour remonter ton pantalon. Tu n’es plus certain de ce dont vous parliez avant que ça finisse comme ça… Tu jettes un coup d’oeil dans la direction d’Henri, et ça te fait sourire de le voir complètement défait. Nope, tu ne sais définitivement plus ce que vous disiez. Il faut croire que ce ne devait pas être important, dans ce cas. Ce qui l’est, par contre, c’est le paquet que tu lui as ramené. Tes doigts passent machinalement sur ton poignet pour y trouver un élastique et tu attaches distraitement la jungle qui te sert de chevelure en un chignon lâche.
« Bon, tu l’ouvres, mon cadeau ? »
Tu l’as récupéré il y a peu. En ouvrant le paquet fait de journaux, il trouvera un bouquin. Oliver Twist, or, The Parish Boy's Progress. Sortie de presse datée du 9 novembre 1838 ; tu as vérifié sur google avant de lui donner : c’est une première édition. Mais ce qui a attiré ton regard, c’était qu’il était ouvert sur sa troisième page, et qu’il y avait là une inscription. Une signature peu lisible, un peu baveuse, soulignée une bonne demi douzaine de fois. En soit, ça vaut quand même pas grand chose malgré tout, il faut le dire. A part peut-être pour lui.
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MessageSujet: Re: Il y a des cordes qu'il est préférable de ne pas faire vibrer • Henri   Mer 17 Fév - 0:31

Skin against bones
C’est toujours comme ça. C’est écrit dans votre ADN, dans vos veines, dans votre emprunte chimique. Tu ne sais pas trop comment ça fonctionne, ce genre de choses, t’es un littéraire toi. Pas un scientifique. Tu comprends seulement qu’entre Viktor et toi, il y a des atomes qui s’entrechoquent, qui s’appellent, qui s’emprisonnent, s’empoisonnent. Ou c’est peut-être juste une histoire de chance. Vous êtes là au bon moment, alors vous corps s’emboîtent.
Alors vos corps s’embrasent.

Tes reins sont brûlants. Tu vas encore douiller, demain matin, au réveil. Ta peau, déjà fragilisée par les coups de rasoir, marque terriblement vite. Tes doigts tremblent encore de la petite mort, lorsque tu tentes de reboutonner ta chemise. Vendredi avec jeudi, parce que tu n’es jamais très doué après quelques coups de rein bien placés. Et tu as un bouton de cassé. « Sauvage, » que tu murmures dans un soupire. Tu lui jettes un sale regard, regard tombant à l’eau vu qu’il est dos à toi. Et quel dos, mes aïeux ! Il te fait immédiatement oublier tes tracas vestimentaires, et tes fesses endolories quittent la pauvre table pour te rhabiller à ton tour. Viktor, lorsqu’il voit ta peau tigrée, ça ne te dérange pas. C’est peut-être même le seul. Tes yeux se mettent à luire de convoitise lorsque ton danois désigne l’épais paquet, abandonné là. Oho. Tes doigts fins viennent délicatement décoller le scotch, il ne faudrait pas abîmer le précieux cadeau.
Oh.
Ça, c’est le genre de cadeau qui t’ému comme un fragile. Peut-être que Viktor le sait, peut-être que Viktor à fait exprès, mais Dickens est l’un de tes anglais préférés. Immédiatement, tes doigts se dirigent vers la fin de l’ouvrage pour questionner la date d’imprimerie. Tes yeux s'écarquillent, un sifflement s’échappe de tes lèvres. Impressionné, tu relèves momentanément ton visage vers celui de Viktor. Puis tu tombes sur la véritable surpris.

« - Oh putain de merde. »

Tu aurais assorti le tout avec un juron danois, si tu avais su le prononcer correctement. Ta main se met à trembler, alors que tu effleures doucement la page. Et croyez-moi, ce n’est pas à cause des jeux de tout à l’heure. Tu rapproches l’ouvrage de ton visage, examinant d’un œil expert cette signature. Signature qui devient rapidement une balafre pour un si rare ouvrage. Ton coeur rate quelques battements, ton visage se crispe. Il y a un goût d’amertume dans ta bouche.

« - C’est une très belle contrefaçon, cette signature, bébé. Tu lui souris. Mais merci, j’apprécie le geste. »

Une très très belle, même. Les gars qui ont fait ça sont assez professionnels pour tenter de dénaturer une première copie du travail de ce cher Charles. Délicatement, tu repose l’ouvrage sur le papier journal. Tes yeux brillent, tes lèvres creux des faucettes sur tes joues chocolatés. Comment est-ce que tu pourrais écouler ce produit ? Il te faudrait un pigeon, un pigeon plutôt riche. Tu l'emmèneras avec toi, lorsque tu monteras à Paris la semaine prochaine. Tu iras voir la Mamma, et tu rendras visite à l’un de tes contacts. Il sera quoi faire, avec ce bouquin. Tu refermes tout doucement le paquet, tout fier de toi (alors que t’as rien fait dans cette histoire, va comprendre). Enfin, tu te tournes vers Viktor, lui souriant de tes lèvres rougies par les baisers.

« - T’as déniché ça où ? »

Espérons qui l’a eu en faisant son Arsène, et non en l’achetant. Sinon, le Viktor, il s’est quand même bien fait baisé.
(c) AMIANTE
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MessageSujet: Re: Il y a des cordes qu'il est préférable de ne pas faire vibrer • Henri   Jeu 18 Fév - 9:52





Tu finis de te rhabiller correctement tout en observant son visage, ses gestes, alors qu’il ouvre ton paquet avec délicatesse. Tu veux te faire pardonner tes excès de la dernière fois. Non, tu veux voir ses yeux briller et te pardonner toi-même. Tu n’en perds pas une miette. Les yeux qui s’écarquillent, le sifflement. Les doigts qui passent sur l’ouvrage, l’étonnement sur ses lèvres. T’es heureux, pour une moitié de minute, et c’est même pas le post-coït qui parle. T’es content de ton coup, juste parce que ça lui fait plaisir. Puis tu le vois se figer, se crisper, faire la moue. Et te parler de contrefaçon…. Si tu avais eu le bouquin entre les mains, tu l’aurais probablement éclaté contre le mur le plus proche. A la place, tu le regardes ré-emballer le truc avec soin et te demander avec un sourire où tu l’as trouvé. Putain.
« Chez un connard. »
Ta voix est froide et brutale, elle trahit ton mécontentement aussi bien, si ce n’est mieux encore, que tes sourcils froncés. Ca te fait chier. T’aurais mieux fait de rien lui rapporter. T’essaies de te retenir de taper dans un truc pour faire passer ta frustration. Difficilement. Très difficilement, à tel point que tu te retrouves à envoyer à terre une tasse qui n’avait rien fait d’autre que de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment. Tu la regardes se crasher contre le sol et un juron t’échappe, de ceux qu’il a appris à connaître même sans les comprendre, pour les avoir déjà entendu des centaines de fois dans ta bouche. Avec un soupir, tu te baisses pour la ramasser, et te rends compte qu’elle n’a pas complètement résisté au choc.
« Désolé, j’ai cassé le… truc. » Tu ne te souviens pas du mot. Ironique, vu ton nom, mais tu finis par trouver.  « La anse. »
Tu poses les deux bouts dans l’évier avant de retourner vers lui. Tu montres le paquet qu’il a déposé dans un coin pour lui signaler qu’il peut bien le foutre à la poubelle :
« Te fais pas chier à le refourguer si ça vaut rien. »
Parce que c’est probablement ce qu’il comptait faire, en plus. Sauf que tu ne lui avais pas pris ça pour lui donner du travail supplémentaire, encore moins si c’est pour gagner à peine quelques centaines d’euros.
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MessageSujet: Re: Il y a des cordes qu'il est préférable de ne pas faire vibrer • Henri   

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