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 La nuit sombre de nos cœurs fatigués | Léo

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MessageSujet: La nuit sombre de nos cœurs fatigués | Léo   Mar 2 Fév - 13:27

oublie pas de respirer
Tes doigts grattent contre les volets de sa baraque. Une belle baraque, ouais. Tu pourrais très bien entrer par la porte, comme un gars normal, mais bon, c’est tout de suite moins classe. Tu as de vieux relent romantique, toi. Gros fragile. Il y a un peu d’eau sur tes joues, mais c’est à cause de la pluie, bien sûr. C’est toujours à cause de la pluie, l’eau sur tes joues. Cette pluie est glacée, infiltrant sans vigogne ton bonnet.

« - Putain, Léo, arrête de te toucher et ouvre moi ! »

Pas de réponses. Tu grognes, jetant un coup d’oeil à ta montre. Il est tard, aussi. Autour de trois heures du matin. Tu aurais peut-être dû lui envoyer un message, avant de passer. C’est comme ça que vous faites, habituellement. Ou sinon, vous vous arrangez pour vous trouver sur le chemin de l’autre. Mais aujourd’hui, c’est pas pareil. Tu trouvais pas le sommeil, l’autre trou d’uc de danois est vénère (pour changer), Ivanie ne répond pas à tes messages (elle a du pécho), Chani fait encore sa pute (lol), et les autres sont inexistants. Bref, soirée de merde, en clair. Pis tu as un stock de Picasso contrefaits à écouler, et tu as du mal. Grattant une nouvelle fois les volets du bouge, tu perds patience. Tu fouilles alors les poches humides de ton blouson, en sortant un petit étui en feutre. Cadeau de ton Viktor, il y a quelque mois, assorti d’un cours particulier (non, pas ce genre de cours particulier, un vrai et tout (même si vous avez ken après)). On dirait des tournevis, mais c’est mieux que ça. Avec des petits objets merveilleux, plus aucunes portes ou fenêtres te résistent (très pratique lorsqu’on oublie ses clés). Ainsi, tu viens à bout de l’obstacle qui te cloue dehors sous la putain de pluie en deux trois temps mouvements. La chambre est plongée dans la pénombre.

« - Hé, p’tit con, tu m’as- »

Tu te figes. Non, il ne t’a pas entendu : pour la simple et bonne raison qu’il dort. Léo dort, les gars, jour de fête ! Peut-être qu’il va neiger, ça serait cool. Tu refermes alors délicatement la fenêtre derrière toi, ne risquant pas les volets. La pénombre de la nuit éclaire son visage détendu, quelques mèches ci et là, comme de longues balafres. Il est mignon, Léo. En silence, tu retires des vêtements trempés, les étendant vaguement sur le radiateur. Et là, en caleçon, tu te joins dans son lit, allant de blottir contre son corps chaud. Tes lèvres se posent sur son épaule vaguement dénudée, tandis que tu fermes les yeux. Tu n’as pas vraiment encore de le réveiller, il semble si paisible ! Du coup, tes idées de chaleur bestiale se fait remplacer par la chaleur tendre de son lit, de son dos contre ton torse. Ce n’est pas une mauvaise alternative, elle te convient parfaitement.
(c) AMIANTE
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MessageSujet: Re: La nuit sombre de nos cœurs fatigués | Léo   Mar 2 Fév - 22:11

La nuit était longue et tes pensées un peu trop sombres. Ca arrive rarement, que tu te sentes seul. D'habitude, t'aimes ta solitude, tes pensées, te retrouver avec elles pour réfléchir, la musique qui berce tes songes et chacun de tes soupirs. Pas là. Tu t'es allongé dans ton lit, et t'as fini par t'endormir, la migraine cognant à la porte. C'est encore plus rare que tu t'endormes d'un coup, mais t'allais pas t'en plaindre. Tu dors tellement peu que les cernes font partie de toi, maintenant. Elles sont sous ta peau, impossible de t'en débarrasser. T'as essayé le maquillage le plus cher du marché. Alors tu te dis juste que le sommeil n'est pas ton ami, et tu fais avec.
Cette nuit là, tes rêves sont plus flous que d'habitude. Tu rêves pas, en tout cas pas quand tes yeux sont fermés. Tu rêves en marchant dans la rue, en regardant les étoiles, en parlant à des gens sans intérêt, en regardant des conneries à la télévision, pas quand tu dors. Mais là, tout s'enchaîne. Y'a Camille, ses sourcils froncés, il te crie dessus, tu l'as laissé tomber. Y'a tes parents, qui secouent la tête, dédaigneux, qui sont déçus, comme d'habitude. Y'a les portes des grands studios qui se ferment et tu peux pas escalader. Y'a les murs autour de toi, qui se resserrent, se resserrent, et t'étouffes, tu te débats, tu cries. Tu te réveilles, en sueur, essoufflé, et tu sursautes. T'es pas seul dans ton lit. T'es toujours seul, d'habitude. La seule personne que tu tolères... C'est...

«  'ri ? »

Ta voix est encore plus rauque que d'habitude, merde, on dirait un homme des cavernes. Et en plus, tu te frottes les yeux comme un gosse fatigué. Mais tu t'en fous de ta voix, tu t'en fous d'être un gosse, tu te concentres sur lui. Ses longs cils font comme un rideau sur sa peau, tu trouves ça joli. Tu n'sais pas depuis combien de temps il est là, à moitié nu dans tes draps. D'après son visage, que tu distingues à peine, il a du s'assoupir quelques minutes, tout au plus. Tu te recouches dans les draps, ses yeux papillonnent, il a du mal à se réveiller. Alors t'oses même te réfugier dans ses bras. Ils sont pas très épais, les bras d'Henri, pas très forts, et encore moins rassurants. Mais tu les aime bien, quand même. Ils éclairent la nuit quand tout est trop sombre. Comme ce soir. Et enfin, tu souris, tu déposes même un baiser factice sur sa clavicule.

« T'es au courant que je pourrais appeler les flics ? »

Mais évidement, tu l'feras pas. Rien que parce qu'il a osé entrer dans ton appartement en pleine nuit, pour profiter de ta chaleur. Rien que pour ça.
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MessageSujet: Re: La nuit sombre de nos cœurs fatigués | Léo   Ven 5 Fév - 9:19

oublie pas de respirer
Ça bouge, à côté. Tremblement de terre, l’univers s’écroule. Mais rien à foutre, tu es avec Léo. Oh, Léo, Léo, Léo… Qu’est-ce que tu es en train de nous faire ? Dans un grognement, tu ouvres un oeil. Tu t’es peut-être endormi, avec lui tout contre ton torse. Il cauchemarde, tu vois son corps convulser, se battre contre des moulins oniriques. Sur un coude, ayant des difficultés à sortir des bras de Morphée, tu le regardes se redresser, ouvrir grand les yeux, crier. Ton coeur se pince. Léo n’est pas bien, et tu ne peux rien y faire. Juste l’embrasser, juste lui murmurer qu’il est si beau, si parfait. L’entendre rire de négation, l’entendre te dire que t’es bête, que tu ne sais pas regarder les choses, les vraies choses. Vos regards se croisent, le bout de tes doigts effleurent sa joue.

« - Hé, bébé. Je suis là, le grand méchant loup peut se barrer. »

Tu ricanes, le prenant tout contre ton coeur, tes lèvres embrassant son front moite par le rêve. Tu l’entends parler, et tu ricanes. Ta bouche recherche les siennes, délicates, doucement, pas un brin pressante.

« - Tu m’enverrais en taule, tu dis ? Tu sais que tu auras Viktor sur le dos, il ne sera pas très contant. »

Viktor n’est jamais contant, de toute façon. La tumeur violacée sur ton arcade sourcilière en témoigne. Mais qu’importe, Viktor s’excuse toujours, désolé, terrible. Tu embrasses sa joue, délicat. Toujours de la délicatesse, quand tu es avec Léo. Parce que Léo, il pourrait se briser entre tes doigts. Tu ne veux pas. Personne n’a le droit de le briser. Ni même son connard d’ex. Tu le serres un peu plus contre ton coeur, le nez dans ses mèches soyeuses. Qu’il est beau, ton Léo, même dans sa douleur.
(c) AMIANTE


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MessageSujet: Re: La nuit sombre de nos cœurs fatigués | Léo   Ven 5 Fév - 11:43

Les ombres du cauchemar s'en vont une à une, remplacées par celles de la chambre. Mais t'as pas peur du noir quand Henri est là. Quand tu sens son coeur d'oiseau blessé battre contre ta joue et ses lèvres se poser sur les siennes. Henri, il te touche toujours comme si t'étais fragile, le trésor le plus précieux du monde, et tu m'en remercies silencieusement. Il te murmure des mots doux, des choses que personne ne t'a jamais dites, tu te laisses bercer même si tu n'y crois jamais. Mais tu sais qu'au fond, c'est lui qui est un peu cassé. T'aimerais pouvoir le recoller. Te barrer très loin, juste lui et toi. Prendre le premier avion, atterrir n'importe où, sur une île. Faire l'amour sur la plage et se foutre du monde entier. Mais Henri, il a plus d'attaches que toi.

D'ailleurs, ton coeur se serre un peu quand il prononce le nom de Viktor. Ce putain de Viktor. Y'a pas beaucoup de gens que tu détestes dans ta vie, mais il en fait partie. Soyons clairs, t'es pas amoureux d'Henri. Ça n'a rien à voir. Mais tu nourris une tendresse à son égard que tu n'expliques pas. Et t'as envie de le protéger. Mais quand tu le vois arriver chez toi avec la gueule à moitié en sang et le souffle écourté par ses ébats précédents, tu te sens impuissant, tu sais que tu ne peux rien faire. Inconsciemment, tu serres les poings et réfugie ton souffle dans son cou.

"De toute façon, il est jamais content."

Tu soupires, relève la tête. Y'a un peu de tristesse dans le fond des yeux d'Henri. Il est toujours en train de sourire, mais tu connais son regard par coeur. Même dans le noir. Même quand il se cache. Son sourcil est un peu plus gonflé que d'habitude. Tu poses tout doucement tes doigts dessus et il grimace, serre les dents. Nouveau soupir.

"Quand est-ce que tu vas capter que tu mérites mieux que ça ?"

Tes lèvres embrassent doucement sa blessure. T'en fais pas plus, tu sais que Henri n'aime pas quand tu t'occupes trop de lui, quand tu t'inquiètes trop. Alors souvent, tu lui apportes ta petite trousse de secours et tu le laisses s'occuper de lui même la porte fermée. A l'abri de ton regard. Mais Evidement, t'es inquiet. Vous ne faites jamais l'amour la lumière allumée. Et t'as peur des marques que son corps A du subir à cause des coups de l'autre con.

Tu sais très bien que Henri ne va pas te croire. C'est pas la première fois que tu lui dis, qu'il mérite mieux, qu'il devrait se barrer. Ça change rien. Il reste. Tu sais même pas pourquoi. Mais c'est pas tes affaires, alors toi t'essayes de lui faire oublier. De le rendre heureux, au moins un petit peu. De t'oublier un peu toi même aussi. Parce que, c'est vrai, tu te sens bien dans ses bras. Tu te sens bien quand ton corps est collé au sien, quand il te touche. Alors tu frôles son nez avec le tien et tu l'embrasses. Longtemps. Un peu trop, même. Mais tu te fous du temps, quand t'es avec lui. Un petit rire s'évanouit dans la pénombre quand tu te détaches enfin de ses lèvres. Tu caresses sa mâchoire du bout de tes doigts. T'as pas peur de le briser, tu sais qu'il est plus fort qu'il en a l'air, tu penses juste qu'il est trop précieux pour ça.

"T'en fais pas, t'es toujours beau."
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MessageSujet: Re: La nuit sombre de nos cœurs fatigués | Léo   Ven 5 Fév - 13:36

oublie pas de respirer
Viktor, Viktor. Ô Viktor. Léo ne l’a jamais rencontré, normalement. Encore heureux. Viktor n’aurait pas aimé ton amant. Il aime peu de monde, ton géant nordique. Pourtant, Léo connaît Viktor. Parfois, depuis peu, tu lui murmures des phrases à propos du cambrioleur. Rien de trop précis, jamais quelque chose de précis. C’est trop dangereux. Pour lui, pour toi. Pour vous, pour votre cocon de tendresse étrange, ni amoureuse ni amicale. C’est juste vous. Relation spéciale, qui fait du bien au coeur. C’est juste vous, deux êtres abîmés par la vie, un peu bête, un peu poète. Elle est belle, votre relation, et tu vies dans la peur du jour où elle disparaîtra, soufflée par le souffle béant d’un concurrent, d’un ex, d’un amour. Léo, le bout de ses doigts effleurent ta blessure, ton bleu de guerrier. Ça te fait grimacer, ça te crispe.

« - On est pas en couple, Léo, lui et moi. C’est du sexe et du business, c’est tout. Je lui ai juste mal causé, c’est bon. »

C’est toujours la même histoire, tu dis toujours lui avoir mal parlé. Ce n’est pas faux, mais ce n’est pas juste non plus. Doucement, les lèvres de ton ami, de ton amant effleure ton arcade dans un doux baiser magique. Tes lèvres se fendent d’un sourire, toujours un sourire. Parce qu’il vaut mieux sourire, rire que pleurer. Tu viens le serrer contre toi, encore, fermant les yeux. Vos lèvres se cherchent, vos lèvres se trouvent. Un baiser qui soigne, un baiser qui répare. Ton coeur craquelé recommence à battre. C’est beau, c’est bien. Tes doigts viennent se nicher dans le creux de ses reins, tes pouces caressant doucement sa peau pâle.

« - Dis pas de conneries, bébé, on sait tous que c’est toi le plus beau. »

Bébé. Petit surnom sucré, légèrement infantilisant. Parce que l’enfance, c’est toujours mieux que que le monde adulte. Tu l’embrasses encore, encore, encore, encore. Encore. Tu lui offres ton souffle mentholé, lui insufflant un bout d’âme. Souris, Léo, tu as le droit de sourire. Doucement, tu viens l’allonger, au dessus de lui. Tu l’embrasses, ne pouvant plus t’arrêter. Tu goûtes sa peau, cette peau tortueuse, magnifique. Ses joues, son cou, ses épaules, son torse. Tu ne vas pas plus bas, pas besoin d’aller plus bas. Pas maintenant. Tu te redresses, l’observant, souriant.

« - Je kiffe ta peau. »

Vos jambes entremêlées, tu te rallonges à côté de lui, le bout de tes doigts dans ses cheveux. Tu as une idée, tes yeux se mettent à briller.

« - Redresses toi, Léo. »

La dos appuyé contre le mur, tu brosses délicatement ses mèches soignées, les doigts en crochés. Son cou est parsemé de baisers tendres, et tes mains viennent masser son crâne. Pour faire fuir la migraine. On aurait dit un couple, hein ? Et non, pourtant non.
(c) AMIANTE

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MessageSujet: Re: La nuit sombre de nos cœurs fatigués | Léo   Ven 5 Fév - 14:53

T'aurais pu répliquer quelque chose. Quelque chose de cinglant, insultant ce Viktor. Mais tu sais que ça ne servira à rien et tu détestes l'air que Henri prend quand il parle de lui. Alors, tu te tais. Bouche cousue. Tu le laisses changer de sujet. Parce que pour le moment, c'est lui et toi, personne d'autre. Juste lui et toi. Y'a que ça qui compte quand t'es dans ses bras.

Tu sais pas vraiment ce que vous êtes, Henri et toi. T'aurais aimé employer le terme "friends with benefits", mais t'as l'impression que c'est pas ça. C'est différent. Vous êtes pas amoureux, mais vous en avez tout l'air. Mais vous l'êtes pas. Pourtant, ça te dérange pas de glisser des je t'aime à son oreille entre deux coups de bassin lorsque vous faites l'amour. T'en as pas honte. Tu sais que Henri comprend. Que tu veux pas des gosses avec lui. Que c'est juste... La façon dont les choses sont, et que ni lui ni toi ne pouvez l'expliquer. Et ça te va.

Quand ton dos se colle au matelas, tu te laisses faire. Evidement. Tu te sens toujours vivant quand Henri embrasse ta peau. Tu te sens beau sous ses baisers, sous ses surnoms que tu détestes dans la bouche des autres. T'aimes qu'il te touche, alors que tu fuis le contact humain. Ça non plus, tu l'expliques pas. Mais ça te plaît. Tu souffles un rire, à peine un murmure, quand il embrasse ton cou, un soupir de bien-être quand il s'attaque à ton torse. Tu veux pas qu'il s'arrête, alors quand tu ne sens plus la chaleur de ses lèvres sur toi, tu te redresses, certes, mais tu le regardes avec une moue boudeuse. Qui disparaît évidement quand il plonge ses mains dans tes cheveux. C'est un de tes points faibles. Tu te surprends même à gémir et à fermer les yeux.

"T'es parfait. Bon à marier."

T'éclates d'un rire enfantin. Ta tête part en arrière automatiquement, tu sais qu'il te voit sourire. Ses petits doigts de fée ne s'arrêtent pas pour autant. T'as plus mal nulle part. C'est magique.

"Tu sais que je risque de me rendormir si tu continues ? Et j'en ai pas vraiment envie..."
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MessageSujet: Re: La nuit sombre de nos cœurs fatigués | Léo   Sam 6 Fév - 12:50

oublie pas de respirer
Léo se laisse aller contre toi, confient. Ton coeur se réchauffe alors, doucement, flamboyant. Il s’est illuminé, et tu as peur de voir la pénombre troublée par cette lumière étrange. Alors tu ne parles pas, contentant de sourire. Alors tu ne parles pas, ouais. Tu restes là, le doigt massant son crâne, tendre. Bon à marier, bon à marier ! Et puis quoi encore ? T’es juste bon à baiser. Si un jour tu te marie, ça sera pas pour les sentiments. Un mariage arrangé, une histoire d’argent ou de nationalité. Il faudrait que tu te trouves une américaine, toute belle toute bien. Lesbienne, comme ça pas de problèmes avec le retour de sentiments. Toi, t’es la couverture et elle, le passeport pour la green card. Il faudrait juste la trouver, cette princesse. Et ce ne sera pas Léo. Déjà parce que c’est un homme, et ce genre d’entreprise ne fonctionne qu’avec les femmes (cliché bonjour). Et puis c’est Léo, quoi. Tu ne voudrais pas lui infliger ça. Tu préfères embrasser sa nuque, doucement, continuant le tendre mouvement circulaire de tes doigts. Sa petite voix trouble de nouveau le silence, et c’est à ton tour de sourire.

« - Endors toi, Léo, tu as besoin de sommeil. T’en fais pas, je serais là demain matin. Laisse toi aller. »

Tu embrasses doucement sa joue, rabattant la couette sur vous. Tes doigts descendent le long de sa nuque, doucement. Tu l'accompagnes dans son sommeil, le veillant doucement. Il y a quelque chose de paternel, dans ton regard, lorsque tu vois son souffle enfin se ralentir. De la fierté aussi. Merde ! L’insomniaque s’est endormi dans tes bras ! Si ça c’est pas une petite victoire. Tu ne dors pas, toi, te nourrissant de celui de Léo. Oh, qu’il est beau, ainsi, le visage détendu, la bouche entre-ouverte !

Et le soleil finit par caresser vos visages, et tu te sens soudainement nu. Sans le réveiller, tu quittes le lit, enfilant ton sweat et allant lui piquer un jogging. Il faut cacher ce corps cassé. Tu disparais dans sa cuisine, bien décidé de faire le fragile romantique. Mais pour cela, il faudrait comprendre comment fonctionne sa cafetière de gros bourge. Après dix minutes, tu abandonnes l’idée de lui faire un café, et tu fais chauffer du lait. Ce matin, tu es d’excellente humeur. Tu sifflote gaiement un air de classique, farfouillant les placards à la recherche de confitures, de miel, de Nutella. Lorsque tu reviens dans la chambre, tu es particulièrement fier de toi, comme si tu venais de concourir et gagner le marathon de New York.
(c) AMIANTE

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MessageSujet: Re: La nuit sombre de nos cœurs fatigués | Léo   Sam 6 Fév - 22:50

Tu sais pas ce qu'il se passe, pourquoi tes yeux se ferment tout seuls. D'habitude, c'est impossible pour toi de te rendormir une fois éveillé. Quitte à te claquer la tête contre un mur, rien à faire. Même les pilules ne marchent pas. Y'a que l'alcool qui peut prétendre à ce poste. L'alcool et lui, visiblement. Tes paupières papillonnent alors que les doigts et les lèvres d'Henri caressent ta peau. C'est peut être juste l'épuisement, mais ça a quelque chose de magique, mine de rien. Alors tu lui obéis, et blotti contre lui, tu te laisses bercer par le sommeil. Tu sais que tu n'as rien à craindre. Pas de cauchemars, pas de réveil en sursaut, puisqu'il est là.

Tu ne rêves pas, tu ne cauchemardes pas non plus. La respiration d'Henri est là, régulière. Rassurante. T'as jamais aimé qu'on te regarde dormir, tu trouves ça flippant, mais là... Là, ça va. Quand finalement tu te réveilles, grognant à cause de la lumière qui perce entre les volets (ce con n'a pas pensé à tirer les rideaux, quand il s'est introduit dans ta chambre PAR EFFRACTION cela dit en passant), tu remarques qu'il n'est pas là. Alors tu commences à paniquer, à te retourner. Il t'a bien soufflé avant ton sommeil qu'il serait là au réveil, non ? Il t'a promis. Et puis t'entends des bruits dans la cuisine, tu vois la porte s'ouvrir, et tu souris comme un con. Il est pas parti. Il t'a fait le petit déjeuner. Et il porte tes fringues, en plus. Tu lèves les yeux au ciel.

« Sérieusement ? »

Mais évidement, t'es touché par l'attention. Et tu trouves ça adorable. Tu trouves tout adorable chez lui, mais tu lui as jamais vraiment dit. Pas explicitement. Alors tu t'assois au fond de ton lit pour lui faire une place.

« Qu'est ce qui te prend d'être aussi niais aujourd'hui Rimbaud ? »

Ça t'empêche pas de remonter la couverture pour cacher un peu ton torse et de voler une tasse sur le plateau. Tu te rends compte trop tard que c'est du lait, et tu hausses un sourcil, avant d'éclater de rire.

« J'parie que t'as pas su faire marcher la cafetière. »
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MessageSujet: Re: La nuit sombre de nos cœurs fatigués | Léo   Dim 7 Fév - 11:51

oublie pas de respirer
La Belle au Bois Dormant s’éveille doucement, sans qu’elle soit violée par l’un de ces princes douteux. Non, elle est là, les cheveux emmêlés, la respiration encore rapide par la panique. Par la panique ?! Oh, oui, merde, c’est vrai. Tu lui avais dit que tu resterais là, le gardant dans le creux de tes bras. À la place, tu as fuit dans la cuisine. Oui, tu comprends son désarroi, et ça te fait un peu mal au coeur. Ça te fait mal au coeur de voir ton ami être aussi affecté par cette notion fragile d’abandon. Là maintenant tout de suite, tu aimerais buter tous les connards qui lui ont réduit ainsi son estime. Non, pas les buter : leur envoyer Viktor. Ils seraient intéressant à détrousser, qui plus est. Léo ne copule qu’avec des bourgeois, tu es la petite exception qui confirme la règle. Tu poses un genou sur le lit avant de poser le plateau entre vous, cherchant ses lèvres pour un baiser matinal.

« - C'est ça, la vie : un fragile équilibre entre l'harmonie et le chaos, que tu lui cites, comme ça. Tu rigoles. Mec, je m’appelle Rimbaud, c’est pas pour rien ! »

Voyant son malaise, en amant parfait (comme toujours), tu te relèves pour aller lui chercher un pull. Sans état d’âme, tu fouilles une nouvelle fois dans son armoire afin de trouver son bonheur. Un gilet en laine. Il n’y a rien de plus confort qu’un gilet en laine. Malheureusement, sur un noir ça fait trop fragile. C’est un peu triste. Comme ces idiots allergiques au Nutella. Lui glissant le gilet sur les épaules, tu lui voles un autre baiser. Chocolaté, cette fois ci.

« - Tss, c’est pas une cafetière qui me résiste ! J’avais une envie soudaine de retourner en enfance, c’est tout. »

Immédiatement, tes yeux s’attristent. Tu penses à la mamma. Une association d’idées toute bête : c’est elle qui faisait le meilleur chocolat chaud au monde. Tous les copains venaient faire le goûter chez toi rien que pour ce breuvage mythique. Ce rendez-vous s’était arrêté avec le départ d’Ivanie. Puis la mamma, elle a elle aussi fini par partir. Cachant ce trouble, tu t’empare d’une tartine et tu viens la recouvrir de beurre et de Nutella.

« - Nan, tout à l’heure je dois voir des clients pour le boulot. Ils ne me prennent pas au sérieux, et ils sont du genre coriaces. »

Pis merde, quoi ! Viktor a peut-être sous entendu qu’ils faisaient parti de la mafia sicilienne ! Tu grimaces, buvant quelques gorgées du chocolat. Pas mal, pas mal. Il est correct, même s’il manque un peu de sucre. Pas envie de se lever : tu es tout bien, là, les jambes sous la couette, tout contre Léo (comme un fragile).
(c) AMIANTE

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MessageSujet: Re: La nuit sombre de nos cœurs fatigués | Léo   Dim 7 Fév - 15:40

Il te cite Rimbaud. T'en tomberais presque amoureux, si tu savais ce que c'était. Tu te contentes de rire parce que tu trouves la situation absurde, un peu. Presque romantique, on dirait. C'est pas ton genre. C'est pas le votre. Mais juste ce matin, ça te va comme ça. Avec du lait chaud et Rimbaud au creux de l'oreille, l'autre Rimbaud au creux de tes reins. Tu te sens bien.

"Tu me laisses être ton Verlaine? En plus jeune et plus beau, bien sûr."

Henri il est comme Rimbaud. Il fugue, il se pense roi du monde alors qu'il est tout cassé à l'intérieur. T'as l'impression qu'il est plus triste, d'un coup, mais tu ne dis rien. Ca lui arrive des fois d'être triste. Ça t'arrive aussi. Tu te contentes de mêler tes jambes aux siennes, de poser ta tête sur son épaule. T'es content qu'il soit là. Avec toi. Il aurait pu partir, tu retiens jamais les gens, mais c'est pas pareil avec lui. Il sait que t'as peur d'être abandonné. Que t'aimes être seul, mais que t'aimes encore plus être avec lui.

Tu serres les dents. Il va partir. Evidement, il travaille. Ses affaires de tableaux louches. Des fois, il te montre des photos. Tu trouves ça beau, comme si c'était des vrais dans un musée. D'ailleurs, il t'a vendu une de ses toiles pour ton salon. Mais quand même, t'aimes pas ça. Toi, tu voudrais que Henri ait un travail honnête. Ou au moins, qu'il fasse quelque chose par passion. Pas par peur. Mais tu sais que personne n'a autant de chance que toi.

"Tu vas finir par crever avec ce boulot..."

T'es inquiet. Evidement que Tu l'es. Tu sais que Henri traîne dans affaires louches, des trucs pas tres légaux, et ça te fait peur. T'as pas envie de plus avoir de nouvelles du jour au lendemain parce qu'il se sera pris une balle dans la tête ou des coups trop forts. Inconsciemment, tu le resserres contre toi. Il boit dans sa propre tasse et il lui reste un peu de lait sur la lèvre supérieure. Evidement, tu viens l'embrasser. Tu vas pas te gêner, pas avec lui. Tu le connais presque par coeur. Dans le noir en tout cas.

Vos bouches restent à quelques centimètres l'une de l'autre et tu chuchotes.

"Un jour, je ferai un film sur toi."

Tu lèves les bras comme pour toucher les étoiles. T'en as collé des phosphorescentes sur le plafond de ta chambre. Qui font comme des vrais galaxies. Ça t'aide à dormir, parfois.

"Sur un petit fragile qui vend des tableaux et qui couche avec un mec encore plus fragile que lui."
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MessageSujet: Re: La nuit sombre de nos cœurs fatigués | Léo   Dim 7 Fév - 17:48

oublie pas de respirer
Il te fait rigoler, le Léo. Rimbaud et Verlaine, deux figures incontournables de la poésie française. Bel amour, amour destructeur, amour véritable. Triste fin. Comment un aussi beau jeune homme comme Arthur a pu finir avec un vieux bougon névrosé comme Paul ? La douce folie qu’est l’amour. Amour fraternel dans un premier temps, puis charnel. Tout le monde sait comment cette histoire s’est fini. Une triste soirée, où deux coups de feu sont tirés. L’arrêt d’un mythe, l’arrêt de la poésie. Un génie, dégoûté par l’amour. Voilà pourquoi il ne faut pas tomber amoureux. C’est de la bullshit. Meilleur moyen de devenir fou, de devenir triste, de se prendre une balle. L’amour, c’est de la merde. C'est pour cela que tu collectionnes les amants, les amantes. Pour ne pas que l’amour t’atteigne. À la place, tu trouves de belle amitié. À la place, tu trouves des Léo. Ça te fait sourire.

« - Je compte pas faire mon petit business en Afrique, bébé. »

La France me suffit… pour l’instant. Tu te souviens de ce tableau, là, joliment accroché sur l’un de ses murs. Un vrai. Un vrai foutrement recherché depuis une demi-douzaine de décennies. Mais tu lui as vendu avec un prix d’ami. Tu lui as même fait un joli papier certifiant que c'est une copie. Ce n’est pas merveilleux ça ? Si des gens se posent des questions, tu lui as bien dit d'en parler comme une reproduction. “Tellement réaliste, que, parfois, j’imagine qu’elle est vraie.” Comme ça, en plus, ça te fait de la pub. Les curieux viennent, et tu te fais de la thune sur leur dos. Elle est pas belle, la vie ? C’est un vrai pote, ton Léo. Même lorsqu’il fait sa maman poule juive.

« - Je veux mourir d’une chose qui me fait vibrer, Léo. C’est dur, parfois, mais j’aime ça. Tu… Tu peux pas comprendre. Je touche de Van Gogh, Bébé, du vrai ! L’autre jour, Viktor m’a déniché un paquet de lettres écrites de la main de Sade. Du Marquis lui-même, Bae ! »

Dans tes yeux brillent la lueur des fous, des fous amoureux de leur art, même s’il est dégénéré comme le tien. Ces lettres n’ont pas fait long feu dans ta réserve, elles ont vite été vendues, rubis sur l'ongle ! Mais, avant, tu les as numérisées. Il ne faudrait pas perdre à jamais ces lettres, ces bijoux du genre humain. Peut-être que tu les feras lire à Léo, un jour. Peut-être. Oui, peut-être qu’un jour tu vas finir avec du plomb dans la cervelle, arrêté par les flics ou encore Viktor n’arrêtera pas ces coups, et tu finiras à l'hôpital, branché à tout un tas de fils. Ni plus vivant ni mort. Juste là, un corps sans âme. Est-ce que Léo viendrait te visiter ? Voir ta tombe, voir ta prison, voir ta chambre d’hôpital ? Tu ne sais pas trop. À la place de lui demander, vous vous embrassez. Vous vous embrassez comme deux ados, et ça fait du bien. Ça fait du bien aux fissures qui parsèment vos corps respectifs. Léo, il te dit quelque chose de merveilleux. De merveilleusement beau. Ton coeur s’emballe, et tu souris comme un fragile. Tes joues chocolat se colorent, et tes doigts effleurent le bonheur parfait.

« - Et la fin ? Tu l’imagine comment, la fin de ce film, Léo ? »

Moi, je l’imagine tragique, ma fin. Des coupures trop profondes, peut-être. Une corde tendue. Un pont, un saut. Tu l’imagines tragique, romanesque. Un corps raidit, au milieu d’œuvres d’art.
(c) AMIANTE

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MessageSujet: Re: La nuit sombre de nos cœurs fatigués | Léo   Dim 7 Fév - 19:34

Boum. Boum. Boumboumboum. Ses lèvres se mêlent encore aux tiennes et tu souris comme un con, et ton cœur dérape, évidement. Tu peux pas t'en empêcher. T'aimes bien cette sensation, quand vous vous embrassez, quand vous vous touchez dans la pénombre, quand t'avales ses soupirs. T'aimes bien quand il sourit, aussi, tu sais que ça doit être assez rare à l'extérieur.

T'as pas envie de lever les yeux au ciel ou de le contredire. Evidement que tu comprends ce qu'il veut dire, qu'il veut vivre à fond, que ça le fait kiffer, l'illégalité, le risque. Tu penses que tu l'aimerais moins s'il était pas comme ça. Mais c'est pas le problème, le problème, c'est que t'as un peu peur de le perdre, quand même. Henri, c'est pas un danger pour les autres. Mais tu le soupçonnes d'être un danger pour lui-même. Et le monde, il est trop pourri pour quelqu'un comme lui. Tôt ou tard, il se fera bouffer. Toi aussi, d'ailleurs, sûrement. T'espères juste repousser le moment le plus possible. T'espères que Henri réussira à être heureux. T'espères l'aider.

Tu souris, les yeux dans le vague. Tu t'assois entre ses jambes, pose le plateau un peu plus loin, ton dos contre son torse, ta tête partant en arrière, dans le creux de son cou. Il sent toujours bon, Henri, même quand il débarque chez toi à pas d'heure avec des bleus sur les tempes et des larmes au coin des yeux. Tes yeux à toi, tu les fermes.

« Je veux une fin grandiose. »

T'aimerais lui dire que la fin du film, tu te vois, toi, courant dans la rue. Il est presque trop tard, mais tu réussis à le sauver. Pleurs, cris, rires, et happy ending. Mais c'est faux. Tu sais qu'il y a pas d'happy ending, de prince charmant. Tu veux faire des films, mais tu vis pas dedans, même si t'aimerais.
Tu veux pas sauver Henri. Tu veux qu'il se sauve lui-même.

« Musique classique. Une symphonie. Du Beethov', peut être. Et toi. Au bord du vide. Quelque part. Loin d'ici. Loin de ces merdes. Loin de moi ? J'en sais rien. Peut être que je serai juste à côté. Peut être que j'te tiendrai la main, peut être pas. Au bord d'une route, au bord d'un pont. D'une cascade. Un endroit beau où y'a le ciel et la mer partout. Et tu danserais en riant, j'aime bien ton rire, il est beau. Tu serais encore jeune mais t'aurais vécu des trucs. Des trucs beaux. Et tu serais heureux. Tu sautes. Fondu. Musique plus forte. Générique. Et le public se demanderait ce qu'il t'est arrivé, mais je garderai ça comme un secret. »

Tu fais une pause, tes lèvres dans son cou sans l'embrasser, juste en dessous de son oreille.

« J'aime les fins ouvertes. Pas les fins tragiques. T'es pas fait pour t'éteindre comme une putain de bougie Ikea. T'es fait pour briller comme le soleil. »

Avec un petit rire, qui doit sûrement le chatouiller sans que tu le fasses exprès, tu rajoutes le surnom dans un murmure. C'est la première fois que tu l'appelles comme ça. Même si pour lui, c'est une habitude.

« Bébé. »
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MessageSujet: Re: La nuit sombre de nos cœurs fatigués | Léo   Lun 8 Fév - 0:44

oublie pas de respirer
Léo se glisse dans le creux de tes bras, écartant le plateau et vos mugs afin d’éviter les incidents. Tu entoures alors ses hanches de tes jambes, ton pouce venant doucement caresser la peau de son ventre. Tes yeux se ferment, peut-être même en même temps que les siens, et tu te laisses porter par ton imagination, par le flot délicat de ces mots, de ses idées.
L’instant est parfait.

« - Elle est belle, ton histoire, Léo, que tu lui murmures, la gorge étonnement serrée. »

Fragile, que te crit alors le monde. Fragile ! Faible ! Gros ! Tu détourne ton regard. Léo, avec ses mots, il faut de toi un héros. Un putain de héros. Les gens seront émus, et peut-être même qu’ils pleureront. Ils iront voir ce film une fois, deux fois, trois fois. Ils emmèneront leur famille, leurs amis, leurs amoureux. Les critiques s’enflammeront. Léo sera sacré réalisateur formidable. Tu le feras entrer dans l’Histoire. Ton Dumas, il sait faire de belles choses. Tu l’as vu de tes yeux vus. Ces petits courts métrages pleins d’esthétisme. Oh, oui, il n’a pas le coup de mains des grands. Mais ça va venir, ça va venir avec le temps. Tout vient avec le temps, sauf le bonheur. Tu serres doucement Léo contre ton torse maigre, les yeux embués. Tout va bien, tout va bien. Au loin, tu entends Viktor crier. Il te crie des insultes, il te frappe même. Pourtant, après, il te serre contre lui comme si tu étais là plus belle chose au monde. Là, c’est presque pareil. Sauf que Léo, il ne veut pas te faire mal. Et toi, tu ne sais pas pourquoi tu as envie de pleurer. Les médicaments, tu te dis. C’est à cause de ces boites qui sont restées chez toi. À cause de ces pilules que tu n’as pas pu avaler.

« - Je veux te faire l’amour, Léo. »

Maintenant, là. Sentir ta peau contre la mienne. Sentir tes doigts qui, dans la pénombre des volets qui seront fermés, effleurent doucement mes blessures. Tu fermes les yeux, tu embrasses son cou. Doucement. Lèvres qui y restent, longtemps, s’imprégnant de sa peau si douce, si riche en souvenirs. Tu veux briller sous son soleil à lui.
Il a dit bébé.
(c) AMIANTE
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MessageSujet: Re: La nuit sombre de nos cœurs fatigués | Léo   Lun 8 Fév - 1:28

Ton coeur bat toujours aussi fort. Ca te fait pas peur, t'as peur de rien quand il est là. Tu te sens invincible, doué. Beau. T'aimerais que ca soit le cas pour lui, peut être. Quand il murmure à ton oreille et que ses lèvres touchent ton cou, tu souris en cachant le bout de ton nez dans le sien. T'étais persuadé qu'il allait partir, te laisser seul dans ton lit vide. Mais Henri s'en ira après, il ira montrer des œuvres d'art aux gens, leur mettre des étoiles dans les yeux avec son faux sourire, pour l'instant il est à toi, et c'est tout ce qui compte. Tes cheveux trop longs doivent lui chatouiller le visage. Sa respiration était un peu plus courte quand tu racontais ton histoire. Tu laisses ses mains dériver sur ta peau, avant de te retourner et de te redresser. À genoux entre ses cuisses, tes mains à toi sur ses hanches à lui, au dessus du tee-shirt, toujours au dessus du tee-shirt. T'as déjà senti des marques au travers des vêtements, aperçu des cicatrices qu'il laissait entrevoir par inadvertance. T'es naïf, un peu trop, mais pas bête. Tu dis rien. T'attendras qu'il soit prêt. Tes pouces caressent sa peau, tu souris un peu. Ses yeux brillent plus que d'habitude,  ils ont l'air humides.

"T'es sûr que ça va ?"

Quand il hoche la tête, tu lui souris doucement. Sans le dire réellement, sans même le murmurer, tu fais mimer à tes lèvres que tu l'aimes. Tu lui dis pas souvent, tu lui fais pas souvent comprendre, parfois ça t'échappe entre deux coups de reins, mais c'est tout. Pas besoin de le dire, de toute façon. Il le sait. Tu ris doucement, à l'intérieur, tu te traites de fragile, c'est pas grave. Tu l'es sans doute un peu. Lui aussi. C'est pour ça que vous vous touchez dans la pénombre en ayant presque peur de vous casser. Rire discret échoué près de son oreille à lui, tu lui murmure qu'il est beau, avant de remonter tes mains. L'une d'entre elles se pose sur son coeur, l'autre sur sa joue, tu tournes son visage vers toi et tu l'embrasses. De plus en plus fort au fil des secondes. Alors tu te laisses presque tomber sur le lit, dans les draps défaits, tes bras autour de sa nuque, sans les bouger. T'oses pas les bouger, parce que la lumière est allumée, parce qu'il fait jour. Tu sais qu'il est pas encore prêt, mais tu sais aussi que même en pleine pénombre, il brille comme le soleil, ton Henri.

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MessageSujet: Re: La nuit sombre de nos cœurs fatigués | Léo   Mer 10 Fév - 16:53

oublie pas de respirer
Il en veut à ton coeur, Léo. D’abord bébé, puis ce je t’aime, puis ce baiser. Quoi d’autre, Léo ? La demande de concubinage, prochainement ? Ça te fait rougir, ça te fait sourire. Ton coeur s’affole, comme à chaque fois. Tu l’entends battre dans tes oreilles, tu l’entends battre contre la main de ton amant, de ton ami. Boum boum, boum boum, qu’il fait. Le monde semble l’entendre. Léo sous toi, Léo sur toi, tu pourrais le porter à bout de bras, ce monde. Comme un géant, comme un Titan. Mais pour l’instant, il n’est que question de baisers. Baisers sur la bouche, dans le cou, sur les épaules, sur ses clavicules, sur son torse, sur ses tétons, sur son nombril. Oh, tu serrais bien descendu plus bas encore. Mais le soleil reflète sur sa peau, et reflétera également sur la tienne, si tu ne t’actives pas. Tu te redresses alors, souriant.

« - Bouge pas. »

Et tu quittes le lit, allant fermer les volets en deux coups dextres de poignets. Ils savent s’y faire, surtout le gauche. Puis tu fouilles dans les poches de ton blouson. Une capote vient s’écraser contre le ventre de Léo. Elle est fluo, rose. Tu l’as piqué au bureau des élèves de ta fac. Ça te fait rire comme un con, tandis que tu reviens contre lui. Vos lèvres se scellent de nouveau, tandis que tes doigts curieux viennent explorer les trésors du monde d’en bas. Il faut caresser, doucement, comme si c’était toi. Ça fonctionne toujours mieux, lorsqu’on prend soin de son partenaire. Le plaisir est plus ample, en le voyant fermer ses yeux brillants, entrouvrir la bouche. Le noir n’est pas complet, il n’est jamais complet. La lumière est assez grande pour faire travailler l’esprit. Tu l’embrasse, tu embrasses cette peau merveilleuse. Tu le marques, aussi, du bout de tes dents, comme si il était tien.
(c) AMIANTE

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MessageSujet: Re: La nuit sombre de nos cœurs fatigués | Léo   Mer 10 Fév - 18:30

De baisers en baisers, tu te perds un peu. T'as jamais été un expert en la matière, même si Henri t'a appris plus de choses que tu ne lui avouera jamais. Ses lèvres rencontrent ta peau et la font briller, tu te cambres, t'aimes ça, quand sa bouche te touche et quand ses mains frôlent tes hanches. Quand il se redresse, t'es pas déçu, parce que tu sais que les lumières doivent être éteintes pour que vos deux corps se rencontrent, ça t'a jamais gêné. C'est pas une question de confiance, et toi aussi, tu te sens mieux quand vous vous mêlez aux ombres. Y'a juste un rayon de lumière qui filtre à travers ton immense fenêtre de bourge, et lui qui marche devant toi. Il est pas épais, Henri. Mais putain, qu'est ce qu'il est beau. Même sans lumière, même les yeux clos. Il est beau. Quand il balance un emballage sur ton ventre, t'éclates de rire, évidement. Quel con.

"Sérieusement ?"


Tu poses pas plus de questions, parce que t'as mieux à faire, une peau à toucher et des lèvres à embrasser. Il partira bientôt, mais avant, tu veux être à lui, au moins quelques minutes, le temps de quelques soupirs. Henri, il connaît ton corps par cœur. Le sien n'a plus de secrets pour toi. Tu pourrais dessiner de mémoire chacune de ses courbes. Même si vous êtes dans le noir tout le temps, tu connais les fossettes qui ornent le creux de ses reins, le point sensible qu'il a juste à l'orée du cou, la manière dont il tremble quand t'entres en lui. Tu le connais par cœur, et t'as pas besoin d'une lampe pour ça.
Quand il plie sa main autour de toi, tu peux pas t'empêcher de soupirer comme une pute. C'est pas de ta faute. Ton corps réagit pas normalement, quand c'est Henri qui te touche. Alors tu fermes les yeux et cambre le dos, y'a des frissons dans ta colonne vertébrale et tu t'sens bien. Puis ta mâchoire trouve la force de se resserrer contre la peau de son cou. Marques violettes sur la peau caramel, tu les vois un peu, et t'en es fier. Il ira voir son boss, le connard, ses clients, les idiots, mais au moins il portera tes marques, alors il sera encore un peu à toi, d'une certaine façon. Puis tes lèvres se posent sur les siennes. Encore. Encore. Sa bouche, ton point d'ancrage. Son corps, c'est ta maison. Et tes mains se débarrassent de ses vêtements. Tu caresses doucement sa peau. Tu sens des creux et des marques, tu dis rien. T'es en sécurité avec moi Henri. Personne te fera de mal. Pas même toi-même.
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